Mauritanie : comment l’accord de l’UE peut être utilisé pour améliorer la gestion de la pêche- Par Ad Corten

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L’Union européenne va probablement prolonger d’un an le protocole actuel de l’accord de pêche avec la Mauritanie afin de permettre plus de temps pour les négociations du prochain protocole. Au fur et à mesure que les négociations se déroulent, l’UE devrait saisir cette occasion pour promouvoir une meilleure gestion des petits pélagiques dans la région. La Mauritanie est un acteur clé pour la gestion durable de ces stocks, qui sont partagés avec les pays voisins et qui sont essentiels pour la sécurité alimentaire dans toute l’Afrique de l’Ouest. L’accord de pêche UE-Mauritanie est le plus important de tous les accords de partenariat pour la pêche durable (APPD) que l’UE a conclus dans le monde et il est en vigueur depuis 1996. Malgré les sommes très importantes versées jusqu’à présent à la Mauritanie, tant en compensation des possibilités de pêche de la flotte de l’UE (accès) que pour le développement de la pêche nationale (appui sectoriel), aucun progrès n’a été enregistré dans la gestion de la pêche dans le pays. Aujourd’hui encore, les dépenses publiques consacrées à la recherche restent insuffisantes et les échantillons prélevés sur les énormes débarquements de poissons dans les usines de farine de poisson sont quasiment inexistants. En raison du manque de données, aucune évaluation de la sardinelle ronde n’a été effectuée au cours des cinq dernières années. Tout indique que cette espèce est gravement surexploitée, mais aucune mesure ne peut être prise tant qu’il n’y a pas d’avis scientifique. Le nouveau protocole devrait obliger le gouvernement mauritanien à augmenter considérablement l’échantillonnage des captures pélagiques, à appliquer les recommandations du groupe de travail de la FAO sur l’évaluation des petits pélagiques au large de l’Afrique du Nord-Ouest et à entamer des consultations avec le Sénégal voisin sur la gestion conjointe de la sardinelle. En outre, l’UE devrait contribuer aux efforts de gestion régionaux en soutenant le groupe de travail de la FAO qui est actuellement confronté à plusieurs défis. De cette manière, l’UE contribuerait réellement à la gestion durable des pêches par le biais de son accord de partenariat dans le domaine de la pêche et de son action régionale, souligne pour sa part, mauriweb.info.

Surpêche des petits pélagiques en Mauritanie : la « catastrophe » de l’industrie de la farine de poisson

L’espèce de poisson la plus importante en Afrique de l’Ouest en termes d’emploi et de sécurité alimentaire est la sardinelle ronde (Sardinella aurita). Cette espèce constitue un stock partagé entre le Maroc, la Mauritanie, le Sénégal et la Gambie, la majeure partie des captures étant effectuée au Sénégal et en Mauritanie. Au Sénégal, l’espèce a toujours été exploitée par des pêcheurs artisanaux alors qu’en Mauritanie, la sardinelle a été pêchée jusqu’en 2012 principalement par des chalutiers étrangers. Vers 2010, la Mauritanie a commencé à utiliser la sardinelle pour produire de la farine de poisson. Afin de réserver toutes ses sardinelles à l’industrie de la farine de poisson, la Mauritanie a augmenté en 2012 la zone côtière interdite aux chalutiers de 13 à 20 miles, ce qui a rendu les sardinelles inaccessibles aux chalutiers étrangers. Afin de capturer la sardinelle pour les usines de farine de poisson, des pêcheurs sénégalais ont été amenés à Nouadhibou. L’industrie de la farine de poisson s’est développée de manière exponentielle, surtout après 2016, lorsque les pirogues sénégalaises ont été remplacées par des senneurs turcs. En 2018, les débarquements de farine de poisson ont atteint un record de 600 000 tonnes. Même si aucune donnée n’est encore disponible pour 2019, on sait que la sardinelle est devenue plus rare dans les captures, et que l’industrie de la farine de poisson dépend désormais principalement de la sardine. Au cours des 5 dernières années, l’institut mauritanien IMROP n’a pratiquement pas échantillonné les débarquements. En 2018, seuls 19 échantillons ont été prélevés sur les 600.000 tonnes débarquées pour les usines de farine de poisson, et aucun échantillon sur les 500.000 tonnes pêchées par les chalutiers pélagiques. Par conséquent, aucune évaluation quantitative n’a pu être faite sur la sardinelle ronde. Cependant, les études halieutiques et acoustiques indiquent que le stock est actuellement gravement surpêché. Alors que les captures par jour de la flotte artisanale ont diminué en Mauritanie et au Sénégal, les études acoustiques en Mauritanie indiquent que le stock est à son niveau le plus bas de l’histoire. Sur les marchés locaux, les sardinelles rondes et plates sont devenues rares et leur prix a fortement augmenté. Au Sénégal, les pêcheurs artisanaux perdent leur emploi en raison de la faiblesse des captures, et les femmes travaillant dans l’industrie du fumage du poisson ont de moins en moins accès au poisson, ajoute la source citée plus haut.

Le plateau continental de la Côte d’Ivoire étendue à 14 660 km2

La Côte d’Ivoire a obtenu jeudi dernier, une décision favorable pour sa demande d’extension de sa souveraineté sur le sol et le sous-sol de son espace sous-marin sur près de 14 660 km² dans l’océan Atlantique, rapporte Abidjan.net de sources officielles. Un espace riche en hydrocarbures et en ressources halieutiques, selon les autorités ivoiriennes. Cette décision clôtun processus d’instruction qui a duré près de quatre ans, depuis mars 2016, lorsque la Côte d’Ivoire avait déposé son dossier aux fins de l’extension de son plateau continental auprès de la Commission des limites du plateau continental, conformément au paragraphe 8 de l’article 76 de la Convention des Nations Unies sur le Droit à la mer de 1982. Pas moins de vingt-cinq réunions ont eu lieu depuis, a relayé le site d’information commodafrica.com dans sa livraison du 3 mars 2020.

Moctar FICOU / VivAfrik                  

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