Pas de relance économique sans prise en compte de la biodiversité

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Alors que la pandémie de Covid-19 bouscule l’agenda politique de la biodiversité, les entreprises ne doivent pas attendre pour agir, estime la coalition internationale Business for Nature. Dans une lettre, celle-ci enjoint les patrons à prendre en compte la nature dans leur plan de relance économique. Plusieurs ont déjà répondu à l’appel en livrant leur nouvelle stratégie, comme Unilever. « Plus de la moitié du PIB mondial, soit 44 000 milliards de dollars, est exposé aux risques de perte de biodiversité. Avant le coronavirus, la nécessité de créer des économies et des sociétés plus résilientes était claire, elle est désormais incontournable ». C’est par ses mots que la coalition internationale Business for Nature a décidé d’interpeller « tous les patrons d’entreprises, de par le monde ». Dans une lettre ouverte, celle-ci demandent aux chefs d’entreprise de prendre position pour défendre la nature, notamment auprès des dirigeants politiques qui planchent sur les plans de relance économique. « Alors que les dirigeants politiques planifient la sortie de cette crise, ils doivent entendre de la part des chefs d’entreprise qu’un monde naturel sain reste une priorité essentielle », insistent les dirigeants de 31 grandes ONG et coalitions d’entreprises, d’Epe au WWF en passant par le Shift, Science Based Targets network, We Mean Business ou le Global Compact. Protéger la nature est aussi dans l’intérêt des acteurs économiques car 40% de l’économie mondiale repose sur les services écosystémiques délivrés par la nature. Pourtant, à mesure que la nature décline, la fenêtre de tir de l’action se réduit. « Nous sommes à un point charnière », souligne la coalition : « les matières premières et les écosystèmes qui alimentent les entreprises sont soumises à une pression intense ». Il s’agit donc de ne pas rater l’opportunité offerte par l’agenda actuel comme la COP15 sur la biodiversité qui se tiendra dans quelques mois à Pékin. Les gouvernements y ont « une opportunité unique d’élaborer un traité international pour renverser la tendance, comme l’Accord de Paris en 2015 pour le climat », précise Business for Nature. Quant aux « sommes colossales mobilisées pour relancer l’économie en sortie de crise », elles sont une « opportunité historique pour amorcer la transition de notre modèle vers une meilleure prise en compte de l’environnement et de la biodiversité », souligne la Mission Économie de la Biodiversité (MEB) de la Caisse des Dépôts dans une note où elle recense une dizaine d’actions que les entreprises peuvent prendre, renseigne novethic.fr.

Unilever met en place un fonds doté d’un milliard d’euros pour le climat et la nature

Plusieurs grandes entreprises ont déjà répondu à l’appel. C’est le cas d’Unilever (Knorr, Ben&Jerry’s ou Seventh Generation) qui annonce une série de nouveaux engagements climat et biodiversité. « Le changement climatique, la dégradation de la nature, le recul de la biodiversité, la pénurie d’eau – tous ces problèmes sont liés et nous devons les traiter de concert », déclare son patron Alan Jope. Pour atteindre ses objectifs de neutralité carbone pour tous ses produits en 2039 et d’une chaîne d’approvisionnement zéro déforestation d’ici 2023, le groupe va travailler avec des petits exploitants sur des programmes de protection et de restauration des forêts, des sols et de la biodiversité et l’accès à l’eau. Le groupe de cosmétique Natura&Co qui détient notamment The body Shop ou Natura vient lui aussi de publier son plan mêlant action climatique, biodiversité et économie circulaire, avant L’Oréal, le 25 juin. D’autres entreprises françaises, engagées dans l’initiative Act4Nature d’Epe ont également réhaussé leurs engagements comme Axa, EDF, Kering ou Natixis. Les investisseurs, eux, restent à la traîne si l’on en croit une étude de Share Action. Selon l’ONG britannique, aucun des 75 plus grands gestionnaires d’actifs internationaux ne dispose d’une politique dédiée concernant la biodiversité.

Biodiversité : le CNRS et le CUFR lancent la création d’un site d’étude en écologie globale à Mayotte

Afin de mieux étudier la diversité de la biodiversité à Mayotte, le CNRS et le Centre Universitaire de Formation et de recherche de Mayotte ont acté la création d’un site d’étude en écologie globale sur l’archipel. Ce site d’étude en écologie globale à Mayotte aura pour objectifs « d’étudier toutes les composantes du socio-écosystème de Mayotte, d’évaluer sa richesse, son fonctionnement et sa résilience face aux changements rapides du territoire (avec notamment l’apparition récente d’un volcan sous-marin), face aux risques météo-marins et sanitaires importants dans ce milieu insulaire». Selon le CNRS, l’archipel mahorais dispose «d’un paysage très singulier avec une diversité biologique et sociale exceptionnelle», de par son histoire géologique, sa position géographique et la diversité des influences humaines. « Le lagon de Mayotte abrite le seul parc marin français avec une double barrière récifale, un phénomène géologique très rare. La biodiversité terrestre est riche de plus de 1000 espèces végétales, et compte nombre d’espèces animales emblématiques comme le Maki brun». Avec la création de ce site d’étude en écologie globale, le CNRS précise que « les chercheurs et chercheuses pourront s’appuyer sur cette richesse biologique, géologique et humaine pour mieux comprendre quelles sont les réponses des socio-écosystèmes insulaires et côtiers face aux pressions anthropiques, quels sont les scénarios d’évolution et les capacités d’adaptation de ces milieux à hauts risques», lit-on dans les colonnes de outremers360.com.

Moctar FICOU / VivAfrik

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