Forum 2020 pour la révolution verte en Afrique : nourrir les villes, développer le continent

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En raison de la pandémie de COVID-19, le sommet du Forum pour la révolution verte en Afrique (AGRF), qui rassemble des milliers de représentants de gouvernements, de la société civile, du secteur privé et de la recherche, ainsi que des partenaires au développement, s’est tenu en ligne, du 8 au 11 septembre 2020, et a été co-organisé par le gouvernement du Rwanda et le groupe de partenaires de l’AGRF. Mené sous la direction de Son Excellence monsieur Paul Kagame, président de la République du Rwanda, le sommet de cette année se déroule à un moment unique où les grandes villes africaines, notamment celles qui dépendent essentiellement d’importations de denrées alimentaires, font face à une crise alimentaire imminente du fait de l’instauration de mesures de confinement dans plusieurs pays pour lutter contre la propagation de la COVID-19. Il a également lieu à un moment où plusieurs régions d’Afrique font face à d’autres fléaux tels que le changement climatique, la malnutrition, la pauvreté, l’arrivée de ravageurs comme les criquets pèlerins et les légionnaires d’automne, auxquels s’ajoute le coronavirus. Le sommet de l’AGRF va sans aucun doute être source d’inspiration et appellera à la prise de mesures et d’engagements concrets de la part des gouvernements, du secteur privé, des agriculteurs et des acteurs de l’industrie de la transformation des aliments, mais aussi d’autres parties prenantes des secteurs de l’agriculture et des systèmes alimentaires. Le thème du sommet, « Nourrir les villes, développer le continent : tirer parti des marchés alimentaires urbains pour parvenir à des systèmes alimentaires durables en Afrique », est un appel à repenser les systèmes alimentaires africains afin d’assurer la résilience, la bonne nutrition et la prospérité des populations. Ce sommet permettra à l’Afrique de décider des systèmes alimentaires qu’elle veut pour le continent, selon une vision multi-acteur pour l’Afrique et le monde de l’avenir de l’alimentation, et ce en vue du sommet de 2021 des Nations Unies sur les systèmes alimentaires. Une journée entière sera consacrée au thème « Nutrition et santé » durant laquelle se tiendra, entre autres, un colloque sur le thème « Progression de l’égalité de genre et de la nutrition » avec des tables rondes donnant l’occasion d’étudier les politiques, technologies et investissements nécessaires pour stimuler la demande en aliments sains, sûrs et diversifiés et encourager la production d’aliments nutritifs, renseigne scalingupnutrition.org.   

Au Moyen-Orient et en Afrique du nord, la technologie façonne le futur de l’agriculture

Cette semaine Inspire Middle East s’intéresse à l’agrotechnologie au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Nous verrons comment les Émirats arabes unis développent des alternatives locales aux aliments importés, et comment la Tunisie s’appuie sur la technologie pour aider les agriculteurs à accroître et à rendre plus durables leurs exploitations. Aux Émirats arabes unis (EAU), la sécurité alimentaire est une priorité nationale, puisque le pays est presque entièrement dépendant de ses importations de nourriture. En perturbant les chaînes d’approvisionnement, la pandémie de Covid-19 a ravivé les inquiétudes, et engendré un nouveau débat sur la meilleure manière de favoriser l’agriculture locale et d’encourager l’innovation agricole. En raison des fortes chaleurs en été, de la faible pluviométrie et des sols principalement désertiques, les activités agricoles des EAU ont toujours été limitées à de petites zones. Mais cela pourrait bientôt changer. L’Université Khalifa d’Abu Dhabi est en train de développer un « sol artificiel », pour y planter des cultures et de la végétation. Par sa texture, sa porosité et sa fertilité, ce sol ressemble à la terre de Thaïlande ou d’Ukraine. S’il est agréé, il pourrait bouleverser le secteur florissant de l’agriculture locale aux Émirats arabes unis. Le climat des EAU étant toutefois très différent de ces régions du monde, les agriculteurs devront accorder une attention particulière au sol artificiel, comme l’explique le Dr. Saeed Al Khazraji, professeur à l’Université de Khalifa, et qui a contribué à lancer le projet de sol artificiel dans la capitale. « Les agriculteurs doivent être conscients que toutes les cultures ont besoin d’être traitées d’une manière spécifique pour leur permettre de maximiser leur rendement. Par exemple, si vous voulez faire pousser une plante difficile à cultiver aux Émirats arabes unis, vous devrez peut-être utiliser une serre en même temps que le sol que nous fabriquons. Le sol lui-même est constitué de 80 à 90% de sable du désert. Et le reste est l’élément clé qui nous permet d’avoir des caractéristiques personnalisables ». D’après le Dr. Saeed Al Khazraji, cette innovation pourrait aider les agriculteurs du pays à cultiver des céréales très gourmandes en eau : « Il y a beaucoup de cultures qui sont difficiles à faire pousser aux Émirats arabes unis, des produits qui servent à nourrir les gens, comme le riz ou le blé. Le sol que nous avons développé nous permet de mieux gérer l’eau nécessaire pour faire pousser ce type de culture, car il nous permet d’avoir une meilleure rétention d’eau que le sol typique des Émirats », a relayé africanews.com.

Sharjah, foyer d’innovation agricole

Le riz est un aliment de base vital dans le pays. Le ministère du Changement climatique et de l’Environnement a donc récemment annoncé un projet de recherche commun avec la République de Corée, pour cultiver du riz dans le désert. Il s’agit de la première initiative du genre dans la région. Les résultats préliminaires ont été positifs. Pour le ministre de l’Environnement, si ce projet révolutionnaire réussit à grande échelle, il pourrait façonner le futur de l’agriculture. L’initiative a été lancée à Sharjah, un foyer d’innovation agricole qui abrite également le Parc d’innovation et de recherche technologique (SRTI Park). Ce lieu soutient les agriculteurs et exploite les nouvelles technologies pour produire des aliments locaux durables, tout au long de l’année. Le parc comprend notamment une ferme de 150 mètres carrés et un agro-tunnel Merlin, capable de produire mensuellement une tonne de fruit et de légumes biologiques, irrigués par de l’eau de mer dessalée à l’énergie solaire. Le PDG de SRTI ¨Park, Hussain Al Mahmoudi, estime qu’environ 30% de la nourriture des Émirats arabes unis sera produite localement, dans les cinq prochaines années. Nous l’avons interviewé pour en savoir plus. Rebecca McLaughlin-Eastham, Euronews : L’agrotechnologie aide des pays à travers le monde à devenir plus autosuffisants en terme d’alimentation durable, qu’il s’agisse d’hydroponie, d’aquaponie ou d’agriculture verticale. Votre parc intègre toutes ces innovations. Laquelle a le plus grand impact actuellement ? Hussain Al Mahmoudi, PDG de SRTI Park : Depuis la création du parc, nous avons commencé à promouvoir la technologie hydroponique, aquaponique et l’agriculture sous tunnel. Ces technologies ont toutes décollé. Aujourd’hui, nous voyons de grandes exploitations agricoles aux Émirats arabes unis utiliser l’hydroponie et l’aquaponie, et d’autres types de technologies. En ce moment par exemple, nous utilisons l’intelligence artificielle pour étudier le fonctionnement de l’aquaponie par rapport à la nourriture et aux poissons, et la façon dont ces derniers se déplacent et la quantité de nourriture qu’ils consomment. Parlez-moi de la viabilité économique de la production alimentaire de masse aux Émirats. Comment les coûts de production et de récolte, par exemple, peuvent-ils être réduits pour que ces efforts en valent vraiment la peine ? Je pense que c’est réalisable, car les EAU disposent d’une grande quantité de terres. Beaucoup d’agriculteurs des EAU, en particulier les agriculteurs nationaux, obtiennent des terres gratuitement, et on peut ajouter à cela le coût relativement faible des activités commerciales, par rapport à d’autres régions du monde. Et aussi les fantastiques infrastructures dont nous disposons ici en termes de ports et d’aéroports, de stockage et autre. Les Émirats font partie des principaux pays importateurs de riz. Le riz cultivé à Sharjah pourrait-il changer la donne pour l’industrie alimentaire ? Je pense que nous pouvons jouer un rôle stratégique en cultivant du riz et en utilisant nos terres. Nous avons les infrastructures et les institutions nécessaires pour devenir un réel acteur régional dans la production de riz et pour assurer les éléments de sécurité alimentaire. Ce type de projet produit également de nouvelles opportunités commerciales, a poursuivi africanews.com.

Moctar FICOU / VivAfrik                                

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