Zita Sebesvari mise sur la coopération internationale renforcée pour la protection de la couche d’ozone

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« Une coopération internationale renforcée est nécessaire pour la protection de la couche d’ozone ». C’est du moins la conviction  de Zita Sebesvari, directrice adjointe de l’Institut universitaire des Nations Unies pour l’environnement et la sécurité humaine basé à Bonn, en Allemagne.

« Le Protocole de Montréal a en fait été extrêmement efficace et la couche d’ozone est de nouveau sur le point de se reconstituer », a déclaré l’experte de l’Organisation des Nations unies (ONU) alors que le monde entier a marqué à Genève en Suisse, jeudi 16 septembre 2021, la Journée internationale de la préservation de la couche d’ozone. Mme Sebesvari a également salué les récents efforts visant à protéger cette mince partie de l’atmosphère terrestre vitale pour la survie de l’humanité, tout en appelant à davantage de coopération internationale pour lutter contre le changement climatique.

« L’un des plus grands trous se trouvait au-dessus de l’Antarctique, et l’OMM (Organisation météorologique mondiale) a récemment signalé que ce trou est maintenant fermé, c’est donc l’un des développements récents », a ajouté l’experte qui s’est confiée à nos confrères de Xinhua.

L’Organisation météorologique mondiale (OMM) a pour sa part déclaré en janvier 2021 que le trou d’ozone record de l’Antarctique en 2020 s’était finalement fermé. C’était le trou le plus long et l’un des plus grands et des plus profonds depuis le début de la surveillance de la couche d’ozone il y a 40 ans.

En 1994, l’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé le 16 septembre Journée internationale pour la préservation de la couche d’ozone, commémorant la date de la signature, en 1987, du Protocole de Montréal.

Il s’agit, selon Xinhua, d’un accord environnemental multilatéral historique qui réglemente la production et la consommation de près de 100 produits chimiques appelés substances appauvrissant la couche d’ozone (SAO).

Mme Sebesvari s’est réjouie à ce propos en ces termes : « nous avons vraiment réussi avec le Protocole de Montréal à réduire la production et la consommation de ces gaz nocifs et avec cela nous sommes sur une très bonne voie pour récupérer réellement la couche d’ozone. Ce n’est pas encore là mais c’est sur une très bonne voie ».

La couche d’ozone, un bouclier de gaz fragile, protège la Terre des rayons ultraviolets (UV) nocifs du soleil, contribuant ainsi à préserver la vie sur la planète. L’activité humaine a endommagé cette couche protectrice de la stratosphère et si la santé de la couche d’ozone s’est améliorée, il reste encore beaucoup à faire.

« La couche d’ozone est une couche dans l’atmosphère à environ 15 à 30 kilomètres au-dessus de la surface de la Terre avec une forte concentration d’ozone et elle nous protège, et en général la vie sur Terre, des impacts nocifs des ondes UVB », a expliqué Zita Sebesvari, qui est également l’une des principaux auteurs du récent rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

« Il filtre environ 97 %, 99 % de ces ondes UVB. Cela signifie qu’il a un impact incroyable sur la vie sur Terre. Si la couche d’ozone s’appauvrissait ou manquait, il n’y aurait pas de vie sur Terre, en fait », a-t-elle poursuivi à Xinhua.

« Dans les années 70, les scientifiques ont fait prendre conscience que nous appauvrissons notre couche d’ozone en utilisant des substances agressives pour la couche d’ozone. Je pense que l’action internationale qui a suivi et le Protocole de Montréal sont un très bon exemple de la façon dont la coopération internationale peut réellement aider à résoudre un problème mondial majeur et à permettre à la société de survivre », a-t-elle souligné.

Pas le temps de se reposer

La directrice adjointe de l’Institut universitaire des Nations Unies pour l’environnement et la sécurité humaine basé à Bonn a également souligné l’importance de la protection de la couche d’ozone sur le changement climatique : « Il y a un article très récent publié dans Nature de cette année, qui montre, sur la base d’une modélisation, que si le Protocole de Montréal n’avait pas été mis en place, nous aurions assisté à un réchauffement climatique supplémentaire de 2,5 degrés Celsius d’ici à la fin de ce siècle ».

« Cela montre que prendre des mesures dans un domaine spécifique, comme ici pour la couche d’ozone, a été extrêmement bénéfique pour arrêter le changement climatique et que l’action internationale peut réellement réussir », a-t-elle indiqué, ajoutant dans les colonnes de Xinhua que « nous n’avons pas trop d’histoires à succès, mais celle-ci en est définitivement une ».

Interrogée sur les efforts de la Chine pour réduire les émissions de CO2 et sur la manière dont le pays pourrait aider à atténuer davantage l’impact, elle a déclaré : « Il est important que nous n’oublions pas à quel point il est important de continuer à observer et à respecter le Protocole de Montréal, et également de surveiller si de tels gaz appauvrissant la couche d’ozone sont toujours produits ou omis ».

« Nous ne pouvons pas nous reposer uniquement sur le succès. Nous devons continuer à suivre et à respecter le protocole et surveiller nos émissions. Tous les pays doivent faire plus pour réduire davantage nos émissions de gaz à effet de serre. La Chine est dans le bateau, mais pas seule, donc toute la communauté internationale doit augmenter ses ambitions ».

Le thème de la Journée mondiale de l’ozone 2021 est « L’ozone pour la vie: 36 ans de protection de la couche d’ozone ».

Cela survient alors que la conférence cruciale des Nations Unies sur les changements climatiques de 2021, également connue sous le nom de COP26, se tiendra dans la ville de Glasgow, au Royaume-Uni, en novembre de cette année.

Moctar FICOU / VivAfrik

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