Préservation des forêts d’Afrique centrale : Retour sur la mission diplomatique « bois tropical » à Paris

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Paris, le 18 octobre 2021 – Les questions relatives au bois tropical sur les marchés européens sont importantes pour la filière du bassin du Congo en raison de l’incompréhension que suscite parfois l’emploi de ce matériau important pour l’avenir des forêts d’Afrique centrale. Aussi, et suite à la décision de la Solideo (Société pour la Livraison des Ouvrages Olympiques) de bannir le bois tropical, y compris le bois tropical certifié, des travaux du village olympique, deux Ministres des Forêts du Bassin du Congo Jules Doret Ndongo, ministre des Forêts et de la Faune du Cameroun, et président de la COMIFAC (Commission des Forêts d’Afrique Centrale) et Rosalie Matondo, ministre de l’Economie Forestière du Congo ont décidé, conjointement avec la COMIFAC et l’ATIBT, de mener une mission pour la diplomatie du bois tropical à Paris.

Plusieurs temps forts pour sensibiliser à la préservation des forêts d’Afrique centrale

Avec 268 millions d’hectares, l’Afrique centrale abrite le second massif de forêt tropicale après la forêt amazonienne. En s’étendant sur cinq pays, notamment le Cameroun, le Gabon, la République du Congo, la République démocratique du Congo et la République Centrafricaine, ce deuxième poumon vert mondial est un réservoir majeur de biodiversité, puisqu’il accueille plus de 50% de l’ensemble de la biodiversité de la planète. Avec plus de 40 millions de personnes qui dépendent de cet écosystème, cette forêt reste menacée. Confrontée à la déforestation, elle est fragile et vulnérable. Il est plus que jamais essentiel de reconnaître et sensibiliser autour de l’importance que revêt cette forêt pour la planète, mais aussi de comprendre qu’elle fait vivre un très grand nombre de personnes, et qu’elle constitue le premier employeur après les Etats.

Le principal objectif de cette mission diplomatique était de rassembler des personnalités politiques pour mettre en lumière les menaces qui pèsent sur les forêts d’Afrique centrale, tout en montrant les solutions mises en œuvre, au niveau local.

Engagée pour la préservation des forêts d’Afrique centrale, la ville de Paris a organisé cette même semaine une conférence internationale le 6 octobre à l’Hôtel de ville. Cette initiative puissante a donné lieu à des évènements annexes et pluriels durant toute la semaine pour sensibiliser le grand public autour de la reconnaissance et la préservation de ces forêts, rassemblant des experts et personnalités politiques de renom. Le Ministre Jules Doret Ndongo, ministre des Forêts et de la Faune au Cameroun a fait le discours d’ouverture de cette conférence.

Soulignons que la veille de la conférence, les deux ministres ont été reçus à la Mairie de Paris, pour discuter du dossier Solideo, très sensible pour leurs pays respectifs.

La délégation ministérielle du Congo, menée par Rosalie Matondo, ministre de l’Economie Forestière du Congo, accompagnée d’un responsable du Ministère des Forêts et de la Faune du Cameroun, a également eu une rencontre avec Pierre-Henri Guignard, Ambassadeur et envoyé spécial pour l’Alliance pour la Préservation des Forêts tropicales au Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères (MEAE), et l’équipe de la direction Climat et Environnement au MEAE. Pour rappel, l’Alliance regroupe à ce jour 32 pays sur 5 continents.

Ces évènements avaient pour objectif de sensibiliser certains acteurs en charge des achats publics sur la consommation de bois tropical géré durablement et d’échanger au plan politique. Les personnalités présentes, mais également l’ATIBT, convergent vers le même objectif : poursuivre la lutte pour la reconnaissance de la gestion durable des forêts et interagir avec les décideurs en promouvant la consommation responsable et l’achat de bois tropicaux certifiés sur les marchés européens.

Un plaidoyer nécessaire pour valoriser le deuxième poumon vert de la planète

En rassemblant une pluralité d’experts, de personnalités politiques, mais aussi de personnes issues de la société civile, cette semaine fut l’occasion d’échanger autour des engagements et des solutions pour préserver au mieux ces forêts d’Afrique centrale, le second poumon vert de la planète.

Les deux ministres en charge des forêts ont saisi l’opportunité pour exprimer sur leur vision à venir.

« Cette mission diplomatique à Paris fut un moyen de rassembler des experts sur le plan local, conscients de l’importance que représentent ces forêts. En amont de Glasgow, nous devons attirer l’œil de toutes les institutions, des hommes politiques, mais également de la société civile sur nos forêts qui sont plus que jamais menacées. En plus d’être le second poumon vert de la planète, cette forêt, sur le plan local, est pour nous, un véritable capital. De ce fait, cette forêt représente un enjeu stratégique majeur actuel, un point de contact pluriel tant dans la lutte contre le changement climatique que dans l’adaptation, mais aussi dans la préservation de la biodiversité », déclare Jules Doret Ndongo, ministre des Forêts et de la Faune au Cameroun.

« Aujourd’hui, tous les regards doivent converger sur le Bassin du Congo. Les forêts de ce bassin sont des bijoux et pour les préserver, il convient de mettre en place des annonces réalistes. Nous ne voulons plus faire confiance à des solutions irrationnelles de courte durée, qui ne donnent aucun résultat concret, ni faire face à des prétextes infondés. Nous ne voulons pas faire de mauvais choix. Il est de notre devoir d’alerter nos partenaires privilégiés sur l’importance que revêtent ces forêts pour la planète et de trouver des moyens viables et fiables aujourd’hui pour préserver la bonne santé de nos forêts sur le long terme », déclare Rosalie Matondo, ministre de l’Economie Forestière au Congo.

Monsieur Hervé Maidou, récemment arrivé à la tête de la COMIFAC en tant que Secrétaire Exécutif, a également accompagné la mission et partagé sa vision quant aux principales tâches de l’institution au cours des années à venir : collaboration avec l’ATIBT et les acteurs engagés pour la gestion durable.

Dans cette démarche de préservation des forêts d’Afrique centrale et de valorisation du bois tropical, l’ATIBT vise à poursuivre et intensifier ses activités pour valoriser un modèle de gestion durable des forêts tout en limitant la déforestation. La gestion forestière durable certifiée garantit la légalité des opérations d’exploitation forestière et permet, en plus de conférer une valeur économique à la forêt, le maintien des biens et services écosystémiques, des droits et besoins des communautés locales et peuples autochtones, ainsi que les valeurs de conservation tout en gardant la couverture forestière. Elle contribue également à lutter contre la déforestation, évitant la conversion de la forêt à d’autres usages, tels que des terres agricoles ou des mines.

« A travers nos actions, notamment la création du programme Fair&Precious, nous visons à promouvoir un modèle de gestion sain des forêts au plan local, mais aussi international. Nous devons plus que jamais contribuer à ralentir le rythme de la déforestation et éradiquer le commerce illégal du bois. Aujourd’hui, aux côtés des hommes politiques d’Afrique centrale, nous nous engageons à poursuivre nos actions et à lutter contre ces menaces qui continuent de peser sur le second poumon vert de la planète », déclare Olman Serrano, Président de l’ATIBT.

C’est dans cette optique que l’ATIBT vise à poursuivre ses actions afin d’assurer la promotion du développement d’une filière durable, éthique et légale des bois tropicaux, tout en rappelant un principe : « acheter du bois tropical certifié, c’est soutenir la gestion durable des forêts. »

Le bois tropical : un trésor encore trop méconnu qu’il convient de protéger des maintenant

Le monde a une couverture forestière totale de 4,06 milliards d’hectares, dont 1,8 milliard d’hectares de forêts tropicales. La déforestation se produit essentiellement dans quatre pays : le Brésil, l’Indonésie, la République démocratique du Congo et la Malaisie. Pour limiter cette déforestation, une seule solution : la gestion durable des forêts, permettant une valorisation du bois tropical, qui est « bien plus que du bois », tant il est vrai que l’emploi de ce matériau issu d’une gestion durable est nécessaire au maintien des forêts, pour assurer l’avenir des populations, et maintenir la biodiversité.

Même si aujourd’hui les forêts certifiées représentent environ 5,5 millions d’hectares dans le bassin du Congo, il s’agit seulement de 11,4% de sa superficie forestière totale de production, ce qui n’est pas suffisant. (Source : https://www.fair-and-precious.org/fr/news/349/foret-tropicale-les-faits-et-les-chiffres)

En promouvant le développement d’une filière bois tropical durable, éthique et légale en tant que ressource naturelle et renouvelable, l’ATIBT soutient les pays producteurs, tout en soulignant les atouts des bois tropicaux certifiés FSC et PEFC-PAFC auprès des pays importateurs.

A travers le programme « Fair&Precious », l’association valorise les avantages environnementaux, sociaux, économiques et techniques des bois tropicaux, tout en s’alliant et en poursuivant son engagement auprès des pays qui continuent de lutter fortement contre le commerce illégal du bois.

A propos de l’ATIBT

L’Association Technique Internationale des Bois Tropicaux (ATIBT) a été fondée en 1951, à la demande de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et de l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE). Au service de la filière « bois tropicaux », de la forêt jusqu’au consommateur final, l’association joue un rôle moteur dans la mise en œuvre de projets internationaux dédiés à la gestion durable et responsable des forêts tropicales. Elle se positionne aussi comme l’un des meilleurs référents technique et scientifique de la ressource bois tropical et la certification de gestion durable. Aux côtés d’acteurs européens de la filière « bois tropicaux africains », l’ATIBT rassemble des états (République du Congo, République de Côte-d’Ivoire, République centrafricaine), d’autres associations professionnelles africaines (Gabon, Côte d’Ivoire, Cameroun, République du Congo, République Démocratique du Congo) et européennes, des ONG (à l’image de FSC, PEFC, WWF, WRI, WCS) et de grandes entreprises.

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