La destruction de l’environnement affecte plus Madagascar, selon le WWF

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Madagascar est-il le pays le plus affecté par la destruction de l’environnement ? Le Fonds mondial pour la nature (WWF) répond par l’affirmative. D’après un rapport publié par l’ONG de défense de l’environnement qui révèle pour la première fois le coût économique du déclin de la nature pour 140 pays d’ici à 2050, Madagascar est à la première place des pays dont les économies seront les plus durement touchées.

Le rapport de WWF souligne que la Grande Île, qui est déjà l’un des pays les plus pauvres au monde, perdra 4,2% de son PIB d’ici à 30 ans si l’environnement continue de se détériorer au rythme actuel.

Pour arriver à cette conclusion, les scientifiques sont partis d’un premier principe : la nature procure aux économies de nombreux bénéfices à travers des services écologiques. Parmi eux : la pollinisation des cultures, l’approvisionnement en eau, les ressources maritimes et forestières ou encore la protection des côtes. Un environnement détérioré ne pourra pas rendre les mêmes services.

À Madagascar, cela se voit déjà nettement. La dégradation généralisée des mangroves, déjà dénoncée par WWF, et des récifs coralliens ne permettra plus de freiner l’érosion des côtes comme il le faut. L’effet direct sur l’économie : des zones de pêche et de cultures en danger.

Un exemple : en vingt ans, la Grande Ile a perdu 58 000 hectares de mangroves. Elles jouent pourtant un rôle économique important puisqu’elles peuvent produire jusqu’à 2,5 tonnes de crabes au kilomètre carré selon le Fonds mondial pour la nature.

La disparition des forêts, autre grand fléau dans le pays, a un impact énorme sur la fertilité des sols et donc sur les cultures. Dans l’extrême sud de l’île, les sols infertiles poussent déjà les populations à cultiver à l’intérieur de forêts protégées. Une nature dégradée réduira la production des aliments et augmentera leurs prix.

Avec ce rapport, le WWF espère une prise de conscience des dirigeants. Les autorités malgaches ont fait de la reforestation une priorité. Mais pour inverser la tendance, les efforts doivent se concentrer sur la protection de toute la biodiversité.     

Moctar FICOU / VivAfrik       

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