Covid-19 : L’OIT préoccupée par le chômage et les inégalités

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L’Organisation Internationale du Travail (OIT) a bouclé ce 09 juillet un sommet mondial virtuel sur les répercussions de la pandémie de la Covid-19 sur le monde du travail. Pendant trois jours, depuis le 07 juillet, plus de 50 chefs d’État et de gouvernement, d’éminents dirigeants d’organisation d’employeur et des travailleurs vont interagir pour trouver des solutions de relance économique. Une occasion de faire le bilan des événements de la veille et de discuter de la mise en œuvre de la Déclaration du centenaire de l’OIT pour l’avenir du travail.

Il n’a pas fallu longtemps avant que ce virus déclaré en Chine ne se propage dans le reste du monde. Des mesures telles que la fermeture des frontières terrestres, maritimes et aériennes, la mise en œuvre de gestes barrières, des restrictions à la circulation Interrégionale… ont été prises pour limiter sa propagation. Il est clair que ces mesures drastiques auront des répercussions graves sur les économies. Les États vont devoir faire face à un double dilemme : comment faire pour gérer la maladie et s’assurer que l’économie ne soit pas mise à terre. À l’unanimité les États s’accordent à dire que seule une action coordonnée peut arriver à bout de cette pandémie.

Une logique qui conforte les propos du Secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres dans son allocution lors du sommet, il rappelle qu’une relance inclusive ne sera possible si on garde en tête qu’il ne s’agit pas de faire « …un choix entre la santé ou l’emploi et l’économie…». Pour atteindre cet objectif un préalable est nécessaire. Il s’agit de déterminer jusqu’où la pandémie peut affecter le monde du travail et à partir de là dégager un cadre de réflexion global.

On savait qu’elle serait à l’origine d’externalité négatives, mais il faut le dire elles ont atteint un niveau très alarmant. Il est difficile pour les acteurs économiques de ne pas s’inquiéter en voyant les chiffres rendus publics dans le site internet de l’OIT (ilo.org).

  • Au premier trimestre

La fermeture des lieux de travail dans le monde a touché 93 % des emplois à plein temps. Ce qui va occasionner des pertes en heures de travail de l’ordre de 5,4 % soit 155 millions d’emplois comparé au 4e trimestre de 2019 et devrait d’après les tendances atteindre la barre des 14 % au 2e trimestre 2020.

  • Au deuxième trimestre

Deux scénarios sont envisageables. Dans le premier cas, si un ralentissement de la pandémie est observé, la réouverture progressive des lieux de travail devrait permettre d’avoir une baisse de 0,5 % rapport au premier trimestre.

A la lecture de ce qui précède la crise économique née de cette pandémie a fortement exacerbé les inégalités entre hommes et femmes en milieu professionnel. La différence dans le traitement salarial surtout dans les pays en voie de développement (PVD) est une des conséquences de cet état de fait. Il est plus que jamais essentiel pour la communauté internationale de se retrouver autour d’un objectif commun et de réaffirmer son engagement en faveur de l’accomplissement du Programme de développement durable de l’ONU pour 2030. Pour le coup, les ODDs 3, 5 et 8 d’après l’ONU sont les plus interpellés dans cette thématique.

Les pays africains étant les plus impactés par cette crise, ont besoin plus que jamais d’une aide massive. C’est d’ailleurs pour cela que le président Macky SALL dans un entretien accordé à la chaîne d’information Tv5 pour un « nouveau ordre mondial » se faisait défenseur d’un moratoire pour 76 pays parmi lesquels 40 se trouvent en Afrique subsaharienne.

Partout des mesures sont prises au plan national, régional et international pour lutter contre la propagation du virus. L’union économique et monétaire ouest Africaine (UEMOA) à porter ce combat au niveau sous régional. Grâces aux estimations de la commission de l’UEMOA on sait désormais à quoi s’attendre : « la croissance économique de l’union devrait connaître une chute de près de la moitié en 2020 ». Le secteur des services (tourisme, hôtellerie, restauration) et le commerce notamment son sous-secteur informel touchés à hauteur de 96 % restent les plus impactés selon une enquête de l’UEMOA.

Cependant force est de reconnaître les efforts consentis pour tenter de venir à bout de ce virus. Dans l’UEMOA deux pays se sont distingués tant par les mesures prises que par des moyens financiers dégagés à cet effet s’agit de la Côte d’Ivoire et du Sénégal. On note en plus des mesures pour soulager les ménages vulnérables (en distribuant des kits alimentaires) un accompagnement des entreprises par des mesures fiscales et douanières.

Tableau : Coût global des plans de riposte pas pays et par domaine (en milliards de FCFA)

 SanitaireSocialRelance économiqueTotal
Côte d’Ivoire95,88349,541351,451796,87
Sénégal96,3350853,71000,03

 Source : Commission de l’UEMOA

L’adage « à quelque chose malheur est bon » résume parfaitement la prise de conscience de la plupart des États africains qui ont compris qu’avec ce virus qu’il était plus que temps de :

  • Renforcer le système sanitaire par des appareils de dernière génération pour un meilleur plateau médical ;
  • Promouvoir la transformation industrielle pour atteindre la sécurité alimentaire et par ricochet réduire le chômage ;
  • Promouvoir les investissements structurants capables de booster l’économie.

Malgré le pessimisme de certaines personnes alarmistes qui prédisaient une hécatombe en Afrique, il faut croire que la surprise a été grande de voir comment les pays africains gèrent cette pandémie malgré leurs ressources pourtant très limitées. De grandes puissances économiques comme les États-Unis ou encore la France en sortirons probablement affaiblis. C’est d’ailleurs, pour cela que le président Donald TRUMP a menacé de réclamer des dommages à la Chine en réparation aux atteintes causées par la Covid-19.

Evelyne MENDY (Stagiaire) / VivAfrik

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