Les éléphants d’Afrique sont « en danger d’extinction »

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Les chiffres ne cessent de dégringoler à un rythme très préoccupant depuis des décennies. Et les éléphants de Côte d’Ivoire sont particulièrement affectés par cette tendance désastreuse.
L’éléphant de forêt d’Afrique (Loxodonta cyclotis) et l’éléphant de savane d’Afrique (Loxodonta africana) sont désormais respectivement considérés « en danger critique » et « en danger » d’extinction. Ils étaient jusqu’alors classés toutes les deux « vulnérables ».

Opérée jeudi 25 mars, cette mise à jour de la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) découle de chiffres effrayants. En 31 ans, la population des pachydermes des forêts a dégringolé de plus de 86 %. Celle de ceux vivants dans la savane a, elle, chuté d’au moins 60 %.

« L’inquiétude est grande pour les éléphants d’Afrique, du fait de la demande persistante d’ivoire et des pressions humaines croissantes sur les terres sauvages du continent », explique Dr Kathleen Gobush, évaluatrice principale des deux espèces, dans le communiqué. Depuis 2008, le braconnage des éléphants d’Afrique a en effet augmenté de manière significative. Parfois abattus pour leur viande et leur peau, ils attirent surtout la convoitise des réseaux criminels pour leurs défenses. Leurs longues incisives sont utilisées dans la fabrication d’objets de décoration et de bijoux. En outre, la conversion des zones sauvages, notamment à des fins agricoles, fragmente et rétrécit leur territoire.

Le nombre d’éléphants en Côte d’Ivoire a diminué à un rythme alarmant depuis que les premiers inventaires sur les éléphants ont été réalisés.

Plus de la moitié des aires protégées étudiées (FC Bolo-Ouest, FC Niégré, FC Monogaga, FC Rapide Grah, FC Haute Bolo, FC Marahouék, FC Okroumodou, FC Koba, FC Davo et FC Duékoué) ont été complètement converties en exploitations agricoles et en zones d’habitation de populations humaines. L’étude montre que la présence d’éléphants est fortement liée au niveau de protection des aires protégées.

Au cours des deux dernières décennies, la population d’éléphants de forêt de Côte d’Ivoire a été réduite de 90 %. Dans le même temps, le nombre d’aires protégées abritant des fragments de forêt a diminué de 80 %.

Avec la pression humaine croissante autour du reste des aires protégées, les conflits homme-éléphant vont inévitablement augmenter.

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