Pratique de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) en Afrique : le point

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Les entreprises, de par leurs activités ont pendant longtemps contribué à la création de la richesse et à l’amélioration du bien être social. Néanmoins, les activités de certaines d’entre elles ont provoqué des conséquences négatives comme des nuisances portées à l’environnement (pollution, surexploitation des ressources, ….) et le non respect des intérêts de certaines parties prenantes (discrimination par genre, travail des enfants, non-respect de la sécurité et de l’hygiène des employés…). Dans cette logique, la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) est apparue comme une nécessité.

La RSE est un concept encore très peu connu dans le continent africain, que ce soit des autorités publiques, ou des dirigeants d’entreprises et selon la revue n°21 Proparco parcouru par vivafrik.com, les initiatives en Afrique sont porteuses d’opportunités pour le développement.

Ainsi, avec l’avènement de la mondialisation conjuguée à la montée en puissance de la société civile, ont émergé de nombreux questionnements sur les entreprises. En effet, celles-ci s’interrogent et sont de plus en plus interrogées sur leur contribution au progrès social, au développement durable et à la bonne gouvernance. Cela d’autant plus qu’elles sont ciblées comme étant à l’origine de nombreux maux de la planète, entre autres le dérèglement climatique du aux émissions de gaz à effet de serre dont il sera question à la COP21 à Paris en décembre.

Pour réorganiser le monde des entreprises et laisser aux générations futures la possibilité de vivre convenablement et de progresser, le développement économique à lui seul n’est plus envisageable. La prospérité future implique une liaison étroite entre le développement économique, la préservation de l’environnement et la prise en compte des intérêts des parties prenantes. Ainsi, la RSE devient une solution pour assainir durablement le milieu des affaires. Selon une définition de la commission européenne, c’est : « un concept qui désigne l’intégration volontaire par les entreprises des préoccupations sociales et environnementales à leurs activités commerciales avec leurs parties prenantes ».

Si la RSE s’est propagée à tous les continents, et devient quasiment incontournable pour les sociétés ayant atteint la taille critique, le concept trouve son origine aux États-Unis dans les années 1950 avec les travaux de l’économiste Howard Bowen.

En Afrique, l’heure est encore à la formation à la RSE, et dans ce domaine des efforts ont été faits comme en témoigne l’expert sénégalais Philipe Barry, d’ailleurs à l’origine de l’initiative « RSE Sénégal  » et de la « charte RSE ». Par exemple, le Kilimandjaro est un réseau d’experts africains qui organise régulièrement des sessions de formation sur la RSE dans les pays africains. Le Kilimandjaro a été appuyé par l’institut de la Francophonie pour le développement durable, l’institut des sciences de l’environnement de l’Université Cheikh Anta Diop (ISE), et l’Institut Afrique RSE du camerounais  Thierry TENE. Le réseau Kilimandjaro est présidé par le marocain Mohamed Aziz Derj du top management de la COSUMAR, et aussi à la tête de RSO au Maroc, qui justement organise sa deuxième conférence internationale sur le thème : « Management Responsable » du 24 au 25 Novembre 2015 à Casablanca (Maroc). A cela, s’ajoute quelques labels en Afrique du Sud (King Report, Fairtrade,…), au Maroc (avec le CGEM), en Tunisie (avec la CONECT).

La RSE s’est ainsi développée à l’initiative d’organisations Intergouvernementales ou régionales qui ont fait émerger des lignes directrices, des normes, des standards qui offrent un référentiel complet sur la RSE pour le secteur privé.

Selon Philippe Barry : « les principes directeurs de l’OCDE en vigueur depuis 1976 et révisés en 2011, constituent le premier grand référentiel international en matière de RSE. Cependant, la plus connue est la norme ISO 26000 qui donne des lignes directrices aux organisations pour agir de manière socialement responsable en matière de gouvernance, droits de l’homme, de conditions de travail, d’environnement, de relation avec les communautés, ect ».

La responsabilité sociétale des entreprises permet donc de mettre en œuvre de nouvelles régulations et une meilleure gouvernance de l’entreprise. Son avantage serait l’instauration d’une meilleure « conceptualisation » des activités économiques des entreprises, et une meilleure structuration des relations avec les parties prenantes. Chaque entreprise adapte cette démarche à son rythme et à sa culture. Même si le rythme et la culture des entreprises sont différents, chaque entreprise doit intégrer des pratiques RSE.

Mohamed El Amine DIOP (Stagiaire) / VivAfrik

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