Congo-Brazzaville : Tortues marines – La saison des pontes 2020-2021 a commencé

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Renatura Congo, association de préservation de la biodiversité a lancé la formation des équipes qui vont se déployer sur l’ensemble du littoral congolais pour surveiller, pendant six mois, les tortues marines et leurs pontes et relever les données scientifiques y relatives. Les agents ont bénéficié, du 14 au 15 septembre, d’une formation théorique au sein des locaux de cette ONG situés à Tchimbamba dans le premier arrondissement Emery Patrice-Lumumba. Celle-ci a permis de faire un rappel de toutes les bases de l’écologie dans laquelle s’inscrit l’action de conservation de la nature, mais aussi des notions sur la biologie des tortues marines et les techniques de collecte de données. Les hommes et les femmes formés seront déployés dans leurs sites de travail, long de 10 kilomètres en moyenne, allant de Tchiamba Nzassi, à la frontière du Cabinda, jusqu’au village de Niandji, à la frontière du Gabon. Ils sillonneront les plages, nuit et jour, à la recherche de ces animaux et assureront ainsi leur protection. Cette année, les difficultés économiques mondiales ont considérablement affecté les partenaires financiers et réduit les moyens disponibles pour cette action. Mais Renatura Congo a malgré tout choisi de maintenir ses efforts en adaptant son action sur le terrain. «Les protocoles ont été allégés mais l’essentiel sera maintenu notamment une présence sur le terrain utile scientifiquement et dissuasive contre le braconnage», a expliqué Nathalie Mianseko, directrice de Renatura Congo. Au Congo, le pic de pontes des tortues marines se situe entre novembre et janvier en fonction des espèces. Renatura Congo débute cependant chaque année ses activités dès le mois de septembre, afin d’enregistrer les pontes précoces, notamment au niveau du Parc de Conkouati (département du Kouilou), où la présence des tortues luths a été observée dès le mois d’août. Ce lancement en septembre permet aussi, malheureusement, pour l’association de recenser les premiers cadavres de tortues marines, mâles et femelles. Les premiers échouages ont d’ailleurs d’ores et déjà été signalés. Cette mortalité, à la même période chaque année, est à rapprocher aux activités de pêche industrielle illégale dans la zone réservée à la pêche artisanale, celle proche des côtes, là où se reproduisent les poissons mais aussi les tortues marines, note allafrica.com.

Ces animaux sont menacés par les activités humaines : braconnage, collecte des œufs, etc.

Cinq espèces desdites tortues fréquentent les eaux congolaises tout au long de l’année. Deux d’entre elles sont cependant présentes principalement pour se reproduire et pondre entre septembre et mars chaque année : la tortue luth et la tortue olivâtre (respectivement la plus grande et la plus petite tortue marine du monde). Bien qu’intégralement protégés par la loi, ces animaux sont particulièrement vulnérables et malheureusement, encore aujourd’hui, menacés par les activités humaines : braconnage, collecte des œufs mais aussi pêche non sélective et plus encore surpêche industrielle. Chaque année, les équipes de Renatura Congo sont sur le terrain pour suivre et protéger ces espèces en voie de disparition. Depuis 2018, l’association se positionne sur les plages du Parc National de Conkouati-Douli, dans le département du Kouilou. Dès le mois de juillet, et ce malgré le contexte sanitaire difficile, la coordination de Renatura s’est mobilisée pour organiser, dans les meilleures conditions possibles, la nouvelle saison de suivi des pontes des tortues marines. Des travaux de réfection des bases vie ont été réalisés pour assurer de bonnes conditions de travail aux équipes pendant les six mois que durera le suivi des pontes. Notons que, pour cette activité, Renatura Congo bénéficie du soutien de l’Union européenne (EU) et du Projet MEF-UNEP/GEF «Aire Marine Protégée de Loango» et que tous ceux qui veulent suivre l’actualité de l’association ou signaler la présence de toute tortue marine, vivante ou morte, peuvent aller sur www.facebook.com/RenaturaCongo. «La nature a besoin de nous, tous !», a conclu Nathalie Mianseko, ajoute la source citée plus haut.

« Rendre les entreprises compatibles avec la préservation de la biodiversité et du climat »

Dans une tribune au « Monde » un collectif d’entreprises, associations professionnelles, ONG et chercheurs propose de fusionner les informations financières, sociales et environnementales des entreprises en un seul document, la « déclaration de performance intégrée », afin de faciliter la mutation de leur « modèle d’affaires ». La crise systémique que nous vivons – et que le Covid-19 a révélée plus fortement – nous oblige tous à nous réinventer et à rendre possible ce qui ne l’était prétendument pas. En particulier, la transition écologique de nos modèles de production, de consommation et de nos sociétés apparaît plus que jamais comme une urgence de premier ordre, exigée par une grande majorité de Français ainsi que par la convention citoyenne pour le climat. Pour être effective, une telle transition écologique doit porter sur l’évolution des modèles d’affaires des entreprises, de manière à les rendre compatibles avec la préservation de la biodiversité, du climat, des ressources naturelles et de la résilience des écosystèmes. Significativement, les dirigeants de trois grandes entreprises – Danone, MAIF, Pfizer France – viennent de lancer une « consultation citoyenne européenne pour repenser le rôle de l’entreprise dans la société ». Article réservé à nos abonnés Lire aussi  Urgence climatique : « Soumettre le budget de l’Etat à une évaluation environnementale constitue potentiellement une avancée significative ». Mais poursuivre un tel objectif implique nécessairement une transformation forte et rapide des systèmes d’information utilisés par les entreprises. Les règles qui encadrent le reporting extra-financier des entreprises, la déclaration de performance extra-financière (DPEF) où sont consignées les informations concernant les dimensions sociales et environnementales de leurs activités, souffrent en particulier d’importantes lacunes, dans la mesure où elles ne permettent pas de rattacher véritablement les modèles d’affaires – reposant sur des bases financières – à des données extra-financières. Dans le prolongement des recommandations de 2003 du Conseil national de la comptabilité (CNC), devenu Autorité des normes comptables (ANC) et de l’Autorité des marchés financiers (AMF), ainsi que du rapport Notat-Senard de mars 2018, l’enjeu déterminant consiste aujourd’hui à faire évoluer la DPEF en connectant données financières et données extra-financières dans une recherche de performance globale, avec ce que les professionnels appellent une déclaration de performance intégrée (DPI), renseigne lemonde.fr.

Moctar FICOU / VivAfrik                             

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