Le développement durable est une préoccupation majeure de l’Agence sénégalaise de l’électrification rurale (ASER) qui a en son sein des experts qui travaillent dans la résilience face au changement climatique. L’Agence qui participe régulièrement aux différentes réunions de COP (Conférence des parties) a grandement contribué à l’atteinte des objectifs du développement durable (ODD). Son directeur général, Baba Diallo, mettant l’accent sur l’importance de l’énergie en milieu urbain et rural pense que les énergies propres constituent le meilleur chemin visant à concilier les ODD avec les besoins des populations en milieu rural.

Baba Diallo qui s’exprimait lors d’un entretien avec VivAfrik est revenu sur les réalisations du projet GAUFF, la politique du mix énergétique en cours dans notre pays, l’élan d’atteindre 100% de la couverture énergétique en milieu rural avec l’apport de la table ronde, des bailleurs et des 650 milliards prévus à cet effet mais aussi l’ambition du Sénégal de parvenir à une électrification universelle à l’horizon 2025.

Sur ce dernier point, le directeur général de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) rappelle que sa structure a tiré son épingle du jeu. Selon le Sénégal qui était à 3% du taux d’électrification rurale en 1998 est, en fin 2019 à 54% et pourrait dépasser 60% fin 2020. Ce bon significatif peut traduire l’ambition des autorités sénégalaises qui est la réalisation de l’accès universel à l’électricité à l’horizon 2025 en une réalité concrète.                        

Lors de la rencontre qui a pour objectif d’échanger sur les aspects écologiques et développement durable en relation avec l’électrification rurale, M. Diallo a rappelé que l’ASER est une Agence d’électrification rurale qui utilise l’ensemble des technologies visant à améliorer les conditions de vie des populations rurales. Ainsi, la structure attache une attention particulière au recours aux énergies renouvelables notamment le solaire pour électrifier des villages à travers des mini-réseaux mais également recourir aux systèmes solaires individuels pour permettre aux populations des villages les plus reculés où elles sont le plus souvent dispersées à disposer de l’énergie électrique.  

« Nous contribuons, de façon notable, à la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) avec une utilisation accrue des énergies renouvelables pour la production d’électricité en milieu rural. Cette politique a été sanctionnée positivement par la Banque mondiale à travers un crédit carbone où elle nous offre des financements nous permettant de développer aujourd’hui l’accès à l’énergie en donnant des coupons « diapalé » aux populations rurales pour leur permettre de réaliser leurs installations intérieures ou procéder à leur premier recharge d’électricité si elles ont déjà réalisé ces installations », a expliqué Baba Diallo.

Selon lui, le soucis écologique, le respect du développement durable du mécanisme de développement propre constituent des points clés de la mise en œuvre de la politique énergétique du Sénégal particulièrement de la politique de l’électrification rurale.                          

De l’autre côté, les énergies fossiles constituent une source d’énergie qui a joué un rôle moteur dans l’accès des populations à l’électricité partout dans le monde. Les sources d’énergies fossiles, par leur facilité de transport et leur maturité, ont permis le développement des technologies mais également le boom énergétique. Cependant, avec les problèmes de pollution, d’émission de gaz à effet de serre et surtout le développement des technologies solaires, les acteurs font de plus en recours aux énergies renouvelables et énergies propres pour produire de l’électricité dans le dessein de protéger la planète.  

Depuis 2010, le Sénégal a voté des lois visant à promouvoir les énergies renouvelables. Cette politique a permis de développer le mix énergétique car, jusqu’en 2015, l’essentielle de la production d’électricité était d’origine fossile en dehors d’une légère contribution provenant de Manantalie.  

Pour consolider le développement de ce mix énergétique, l’ASER dispose, en milieu rural, trois orientations majeures pouvant permettre aux populations de bénéficier de l’électricité. « Nous avons trois orientations majeures visant à faire bénéficier de l’électricité aux populations : la première est de procéder à des extensions du réseau électrique pour alimenter les villages qui sont très proches du réseau électrique ; la deuxième alternative est liée aux mini – grides d’énergies propres (Ndlr : mini-centrales qui utilisent l’énergie solaire pour produire de l’électricité et alimenter les villages qui sont au-delà de 8 Km du réseau mais également qui ont une population comprise entre 200 et 1 000 habitants). Fort heureusement, dans cette stratégie et ce deuxième volet, nous avons bénéficié l’accompagnement de plusieurs partenaires techniques et financiers. La dernière solution concerne les villages très éloignés du réseau mais peu peuplés où aussi les ménages sont dispersés, nous procédons à l’utilisation des systèmes solaires individuels. Si nous utilisons le réseau, nous profitons du mix énergétique mis en œuvre dans le pays à travers la Société nationale d’électricité du Sénégal (SENELEC) et les politiques initiées par le Président de la République. Pour le reste dans le monde rural, nous utilisons exclusivement les énergies renouvelables pour satisfaire la demande des populations », a détaillé le patron de l’ASER.  

Propos recueillis par Moctar Ficou / VivAfrik

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