Energie solaire : Les voies d’une dynamique nouvelle pour les pays africains

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Soudan du Sud : l’ONU soupçonne des sociétés pétrolières chinoises de malversations financières, titre Agence Ecofin dans sa parution d’hier

 Le Soudan du Sud a l’une des administrations pétrolières les plus corrompues du monde. Plusieurs affaires de corruption et de détournement de fonds ont émergé au cours des dix dernières années. L’ONU s’intéresse au problème et a dans son viseur les entreprises chinoises présentes dans le pays, pointe le site d’information. Un groupe d’enquêteurs mandatés par l’Organisation des Nations unies (ONU) a demandé à toutes les entreprises chinoises présentes au Soudan du Sud de fournir des détails sur la manière dont les revenus pétroliers du pays sont versés au gouvernement. En effet, les experts soupçonnent l’une des entreprises chinoises opérant dans l’amont pétrolier de détournement de fonds publics ainsi que de manque de transparence. Cette enquête semble viser spécialement le consortium DPOC, l’un des plus grands producteurs du pays, dont le chef de file est la CNPC (41 %), Petronas (40 %), Nilepet (8 %), Sinopec (6 %) et Tri-Ocean Energy (5 %). « Le groupe d’experts cherche à obtenir des éclaircissements sur les transactions financières que DPOC a effectuées avec le gouvernement et Nilepet [société publique sud-soudanaise du pétrole, Ndlr]. Le Panel demande des réponses détaillées, car il a reçu des informations selon lesquelles DPOC n’a pas versé les paiements à la Banque du Sud Soudan », a-t-on lu dans une lettre distincte que les experts ont adressée à DPOC. Les agents de l’ONU disent détenir des informations selon lesquelles les bénéfices tirés de la commercialisation du brut ne sont pas régulièrement reversés dans les caisses de l’Etat. Le panel se dit également préoccupé par le fait que les revenus publics que Nilepet a tirés de sa participation de 8 % dans le consortium, n’ont pas été transférés des comptes de DPOC de manière transparente. Au Soudan du Sud, DPOC a pendant longtemps été accusé de financer des milices qui commettent des atrocités dans le pays et de polluer l’environnement. Quant à Nilepet, elle est d’après Transparency International au cœur de l’appareil de corruption d’Etat qui classe le pays 178e sur les 180 les plus corrompus du monde.

Palmeraie de Camvert : Un projet néfaste pour les forêts Camerounaises et les populations autochtones

Annoncé hier par Greenpeace, le communiqué révèle que les populations indigènes et locales des communes de Campo et Niete dans la région du Sud au Cameroun lancent le cri de détresse suite à l’occupation illégale de leurs forêts par la société Camvert. Cette dernière a entrepris d’y implanter une palmeraie sans le consentement des populations riveraines dont la survie dépend majoritairement des forêts. Selon des informations récentes collectées par Greenpeace Afrique, au moins six (06) communautés autochtones Bagyeli et locales Bantoues manifestent leur opposition radicale et au moins quatre autres ont émis de très fortes réserves par rapport au projet Camvert. « Camvert nous porte malheur. L’occupation de notre forêt par Camvert va nous empêcher d’avoir du poisson pour nourrir nos enfants, du bois de chauffage pour la cuisine etc. On n’aura plus rien et ce sont nos enfants qui en souffriront…Nous ne voulons pas de Camvert », dénonce Christine Moueni du village Ebodje qui se dit soucieuse de l’avenir sombre que garantit ce projet à sa progéniture.  Au- delà de la grosse perte que représente l’activité de Camvert pour les populations riveraines, ces dernières dénoncent également la supercherie dont elles ont été victimes de la part la société Camvert, notamment en ce qui concerne l’obtention de leur consentement.  “Camvert m’avait trompé en me demandant de signer le papier sans le lire. Après signature, d’autres personnes sont venues me dire que j’ai signé le papier d’accord à l’attribution de forêt à Camvert au nom de toutes les communautés pygmées qui font partie de la forêt de Campo. Je ne connais rien, je suis pygmée et j’avais signé par tromperie,” déplore Henri MLEME, plus connu sous le nom de “Cent Ans”. En effet, en 2020, Camvert a rasé au moins 1500 hectares de forêts en violation de la législation camerounaise pour planter du palmier à huile à Campo. Le projet est mis en œuvre en violation des droits des communautés qui voient leurs droits d’usage à l’UFA 09 025 déniés car ils n’ont pas été consultés ni associés à l’élaboration des cahiers de charges brandis par l’entreprise. De plus, ce projet, qui s’étend sur les terres communautaires au-delà des limites originelles de l’UFA 09 025, contribuera à faire perdre aux communautés l’accès aux produits forestiers non ligneux et sera une source de pollution pour l’environnement ainsi que les sites touristiques. Si le projet Camvert aboutit, les sites sacrés des communautés seront également détruits et les conflits homme-faune seront exacerbés pour qui la forêt représente un corridor de passage pour le parc national de Campo Ma’an. Par ailleurs, Une plainte de l’organisation BACUDA jointe par deux ONG, APED et FPP, a été déposée en Octobre 2020 au Comité pour l’Élimination de toute forme de discrimination Raciale (CERD) au nom des populations autochtones Bagyeli en protestation à l’arrivée de ce projet Camvert sur leurs terres traditionnelles.  Pour Ranece Jovial NDJEUDJA, responsable de campagne forêt à Greenpeace Afrique, « les dirigeants de Camvert, dans leur propagande, ont fait croire que leur projet bénéficie d’un soutien massif et apportera des avantages économiques. Pourtant, les populations autochtones et les communautés locales dans la zone ont un son de cloche différent et demandent à ce que leur voix soit entendue. Il est temps que le gouvernement du Cameroun stoppe le projet Camvert et envisage une révision du cadre régissant la tenure foncière et mette en place un plan d’aménagement et d’utilisation des terres participatif et inclusif. Il doit reconnaître et pleinement intégrer les droits coutumiers des populations autochtones et locales. »

Nigéria : Une centrale solaire de 200 MWc sera construite dans l’État du Delta

L’entreprise nigériane Sunnyfred Global a signé un accord avec la société singapourienne B&S Power Holding PTE pour le financement et la construction d’une centrale solaire photovoltaïque à Ashama, dans l’État du Delta. D’une capacité attendue 200 MWc, elle deviendra la plus grande centrale solaire d’Afrique de l’Ouest, paru à la Une de ce lundi de Afrik 21. Le 25 février 2021, les deux entreprises prévoient de présenter ce projet d’énergie propre à la presse, écrit le site, l’échange avec les médias et la présentation de la feuille de route du projet seront présidés par le professeur Abubakar Sani Sambo, vice-chancelier de l’université Usmanu Danfodiyo de Sokoto, président du Comité consultatif technique et politique ministérielle sur l’environnement au Nigeria et ancien directeur général de la Commission de l’énergie du Nigeria. Mais, rappelle le site, quelques détails ont déjà filtré sur le projet : La centrale solaire photovoltaïque sera implantée dans le village d’Ashama, dans la localité d’Aniocha. L’installation occupera un terrain de 304 hectares. Aussi, la mise en service de cette centrale solaire photovoltaïque permettra non seulement d’augmenter la capacité installée du Nigeria, mais diversifiera aussi son mix électrique. Bien qu’étant la première économie du continent africain en termes de PIB (443 milliards de dollars en 2020), la capacité électrique installée du pays d’Afrique de l’Ouest n’est que de 12 522 MWc. Son mix électrique est très peu diversifié, précise Afrik 21, avec 10 142 MW produits à partir de centrales thermiques. Les 2 380 MW restants sont fournis par des installations hydroélectriques. L’accès à l’électrique ne concerne que 45 % de Nigérians qui doivent recourir au quotidien à des groupes électrogènes. Pour finir, dans les zones rurales, seulement 36 % de la population dispose d’un accès à l’électricité. Le gouvernement fédéral espère améliorer la situation, notamment à travers le Projet d’électrification du Nigeria (NEP). Dans le cadre de ce projet financé par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD), le gouvernement, à travers l’Agence d’électrification rurale (REA), mise désormais sur l’off-grid solaire.

€ 1 milliard pour un cacao durable en Côte d’Ivoire

L’Union européenne envisage d’octroyer environ € 1 milliard sur six ans à la filière cacao en Côte d’Ivoire afin de l’aider à s’adapter aux mesures qui vont être prises par l’UE dans quelques mois, à lire dans les lignes de ce lundi, du site d’information COMMODAFRICA.  « Dans le cadre de notre futur programmation 2021-2027, l’UE envisage une Team Europe Initiative qui pourrait mobiliser jusqu’à un milliard d’euros pour accompagner la Côte d‘Ivoire dans sa transition vers une production durable du cacao », a déclaré vendredi l’ambassadeur de l’UE en Côte d’Ivoire, Jobst von Kirchmann, rapporte Reuters. Quant au calendrier, rapporte le site d’information, lors de la réunion de haut niveau sur la problématique du cacao durable qui s’était tenue à Abidjan le 22 janvier, l’ambassadeur avait souligné : « La Commission européenne va mettre une proposition législative en place et la présenter au Conseil et au Parlement durant l’été 2021, donc dans quelques mois… Ça va donc beaucoup plus vite que ce que je pensais il y a quelques mois encore. » Rappelons la pression qu’exerce le Parlement européen sur les 27 afin qu’une législation soit adoptée pour interdire l’importation de produits liés à la déforestation et aux abus des droits humains (lire aussi : Cacao durable : l’Union européenne lance un dialogue avec la Côte d’Ivoire et le Ghana). En effet, à travers l’importation de produits comme le cacao mais aussi la viande ou encore l’huile de soja, l’UE et ses consommateurs comptent pour 10% de la déforestation mondiale liée à la production de ces produits, selon la Commission européenne. Si la législation est adoptée, les acheteurs d’un produit auront pour obligation de tracer les matières premières utilisées à chaque étape de la chaîne de valeur, ce qui comprend le démarrage de la chaîne de valeur c’est-à-dire chez le petit planteur. Des multinationales de l’agroalimentaire, comme Nestlé ou Danone, précise Reuters, seraient amenées à se conformer à cette exigence dès 2024. Selon un rapport de l’ONG américaine Mighty Earth publié jeudi, la Côte d’Ivoire aurait encore perdu 47 000 ha de forêts dans sa ceinture cacaoyère en 2020 et ce, malgré les engagements de tous -industrie, gouvernement et acteurs divers- à cesser de déforester. Ceci dit, la situation s’améliore car en 2015, il avait été fait état de la déforestation annuelle de l’ordre de 60 000 ha. L’ONG rappelle que le leader mondial du cacao a perdu 85% de son couvert forestier depuis son indépendance en 1960. Elle rappelle aussi qu’en 2017, les chocolatiers mondiaux, les agro-industries, les gouvernements de Côte d’Ivoire et du Ghana (lire nos informations en 2017 : Les grands de l’industrie du cacao s’accordent pour lutter contre la déforestation et La Côte d’Ivoire se prépare à la norme internationale de cacao durable prévue pour novembre 2017 et Joseph Larrose de chez Touton : l’industrie du cacao très pro-réactive avec la Cocoa & Forests Initiative à la COP23).

Les travaux du barrage hydroélectrique de Katende (64 MW) vont être relancés

Le gouvernement RD congolais a annoncé la reprise des pourparlers avec l’Inde au sujet de la construction du barrage et la centrale hydroélectrique de Katende de 64 MW. Ces installations sont censées être en service depuis 2015, a fait savoir le site Afrik 21, ce lundi. Le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Eustache Muhanzi, s’est rendu récemment sur le site du projet hydroélectrique de Katende, dans la province du Kasaï-Central. Ainsi, il a pu constater l’état des équipements installés avant l’arrêt des travaux il y a 4 ans par l’entreprise indienne LPCC. À l’issue de sa tournée provinciale, le ministre a assuré qu’il allait reprendre les pourparlers avec le gouvernement indien pour la relance du chantier. Le site d’information souligne que le statu quo observé depuis plusieurs années freine le développement des infrastructures électriques dans les villes de Kananga, de Mbuji-Mayi et de Tshimbulu, qui devaient bénéficier du projet. Le barrage est construit sur la rive droite de la rivière Lulua, un sous-affluent du fleuve Congo. Selon le gouvernement RD congolais, avant l’arrêt du chantier décidé par New Delhi, rapporte Afrik 21, les travaux étaient déjà achevés de 55 % pour la partie génie civil. À l’en croire, 75 % des équipements électriques de la centrale ont déjà été acquis. De sources concordantes, ces équipements ne sont pas installés sur le site. Pour ce qui est des transformateurs électriques acquis pour un coût de 109 millions de dollars, le gouvernement RD congolais a décidé de les entreposer dans plusieurs villes du pays, en attendant le redémarrage du projet. En 4 ans, les engins de construction ont été dépecés ; une situation qui devrait compliquer une éventuelle reprise des travaux. « Il ne nous reste que 25 % en termes de matériel et 40 ou 35 % pour les travaux de génie civil. Nous allons faire une autre évaluation parce que l’essentiel du matériel n’est pas sur le site, il est encore au niveau de Lubumbashi », indique Eustache Muhanzi. Outre la construction d’une centrale hydroélectrique de 64 MW, le projet comprend également plusieurs lignes de transport d’électricité. D’une longueur de 130 km, la première ligne reliera Kananga à Mbuji-Mayi, le chef-lieu de la province du Kasaï-Oriental en passant par le territoire de Tshimbulu. La seconde partira de Kananga et courra jusqu’à Bunkonde, une localité du territoire de Dibaya, dans la province du Kasaï-Central. Cette autre ligne sera longue de 30 km. Lors du lancement des travaux en 2011, le coût de l’ensemble du projet était évalué à 280 millions de dollars, financés en partie par le gouvernement indien.

Maimouna DIOP (Stagiaire / VivAfrik)

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