L’Ouganda enregistre d’énormes pertes économiques à cause de la montée des eaux du lac Albert, selon l’ONU

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L’Organisation des nations unies (ONU) a publié, dans son site officiel, que la montée des eaux du lac Albert, dans la région des Grands Lacs en Afrique, a causé d’énormes pertes économiques sur les rives ougandaises de ce lac où les gens luttaient déjà pour se remettre des effets de la pandémie de Covid-19.

Rappelons que le lac Albert est l’un des grands lacs africains. Septième lac d’Afrique par la superficie, il se trouve au centre du continent, à la frontière entre l’Ouganda et la République démocratique du Congo (RDC). Les Nations unies précisent que, dans le seul district de Buliisa, situé sur le bord nord-est du lac Albert en Ouganda, les inondations auraient entraîné plus de 250 000 dollars de pertes économiques.

L’ONU ajoute dans son site officiel que l’annulation du ferry de Wanseko à Panyimur, le plus grand marché aux poissons de la région, a durement touché le commerce, tandis que la perte d’électricité, qui a été coupée lorsque les lignes électriques ont été submergées, a aggravé l’impact économique.

« Nos gens étaient habitués à l’électricité. On pouvait facilement louer une maison raccordée à l’électricité et créer une entreprise. Mais lorsque l’électricité a été coupée, cela est devenu très difficile, car il fallait acheter du matériel d’énergie solaire, ce qui est assez cher, et de nombreuses personnes se sont retrouvées sans emploi », a expliqué, dans le texte, Robert Mugume, un conseiller municipal.

A l’en croire, certaines personnes ont été tuées lorsque les eaux ont monté, tandis que d’autres se sont retrouvées sans abri et ont dû migrer ailleurs.

En outre, lit-on dans le document publié sur le site officiel de l’ONU, le nombreux projets de réduction de la pauvreté de Buliisa, basés le long des rives du lac Albert, ont été fortement perturbés, tandis que les jeunes chômeurs tentant de gagner de l’argent malgré les inondations se sont heurtés à un obstacle supplémentaire, face à l’opération du gouvernement ougandais pour lutter contre la pêche illégale sur le lac.

Dans le but d’aider les jeunes locaux à gagner de l’argent à Buliisa, M. Mugume a proposé que le gouvernement central envisage de leur fournir des filets de pêche et d’autres équipements conformes aux normes légales, mais qui sont actuellement trop chers pour beaucoup, a-t-on appris du texte. Qui relève que les inondations ont également touché des personnes qui gagnaient auparavant un revenu sain dans la région.

Pour sa part, Olwinyi Mugusa qui avait deux maisons de location et une entreprise de pêche prospère basée autour du site de débarquement de Kyabarangwa, dans le district de Hoima a depuis tout perdu. Comme environ 30 000 autres personnes de Kyabarangwa et des sites de débarquement voisins, lui et les membres de sa famille, a expliqué l’ONU dans le texte, sont désormais des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, hébergées temporairement sur les terres de la communauté de Bakibiro, pour des raisons humanitaires.

Ceux qui sont restés sur les rives du lac Albert s’efforcent de se remettre sur pied, en s’adaptant et en attendant que les eaux de crue du lac Albert se retirent. Malheureusement, leurs perspectives sont sombres : la saison des pluies de cette année 2022, en mars et avril, pourrait voir les eaux monter aux niveaux observés au début des inondations actuelles, selon le ministère ougandais de l’Eau et de l’Environnement cité dans le texte.

Moctar FICOU / VivAfrik