Le Sénégal valide la stratégie nationale intégrant les enjeux climatiques dans le continuum éducatif        

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Le ministère sénégalais de l’Environnement et du Développement durable (MEDD), en partenariat avec l’Agence française de développement (AFD) et des ministères de l’Education nationale (MEN), de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI), et de l’Emploi, de la Formation professionnelle, de l’Apprentissage et de l’Insertion (MEFPAI) a, dans le cadre de la Facilité Adapt’Action pour la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat, élaboré une stratégie nationale pour l’intégration des enjeux climat, notamment de l’adaptation au changement climatique dans le système éducatif du Sénégal. Venue présider l’atelier de présentation de ce projet dans un hôtel de la place à Dakar ce vendredi 1er juillet 2022, cheffe de la division changement climatique du Sénégal a expliqué que cette stratégie vise à « renforcer les compétences des acteurs et à les promouvoir comme opportunités durables de développement sobre en carbone et résilient au changement climatique ».

Poursuivant son allocution, Madeleine Diouf Sarr a laissé entendre que « l’éducation est essentielle pour promouvoir l’action climatique. Elle aide les gens à comprendre les effets de la crise climatique et à lutter contre ces derniers, en les dotant des connaissances, compétences, valeurs et attitudes dont ils ont besoin pour devenir de véritable acteurs du changement. Elle a le pouvoir d’encourager tout un chacun à changer d’attitude et de comportement et permet par ailleurs de prendre des décisions éclairées ».     

« Si le primaire et le secondaire sont un bon moment pour sensibiliser les plus jeunes et les former en tant que citoyen, le supérieur permet aux étudiants de se saisir de la compréhension des enjeux et de faire le lien avec leur futur emploi. L’enseignement supérieur et les universités en particulier, à travers leur rôle majeur dans la recherche, jouent un rôle moteur de premier plan dans l’innovation et le développement de nouvelles technologies. L’enseignement et la recherche se nourrissent mutuellement selon un cycle vertueux, de sorte que la recherche sur ces enjeux devrait être grandement stimulée du fait d’un enseignement intégrant davantage les enjeux climatiques et environnementaux. L’enseignement supérieur est donc un levier de premier choix pour conférer à notre jeunesse un haut niveau d’éducation sur les enjeux climatiques et environnementaux, pour leur permettre de réussir le mieux possible et de prendre collectivement les meilleures décisions », a ajouté la coordinatrice du groupe des Pays les moins avancés (PMA) sur les négociations au changement climatique.

L’adaptation au changement climatique et les mesures destinées à atténuer les émissions de gaz à effet de serre (GEF) offrent des opportunités pour créer de nouveaux emplois, tout en sécurisant ceux qui existent déjà. En ce sens, la formation professionnelle aura un rôle important à jouer et devra être orientées vers des secteurs porteurs de la croissance verte. L’agriculture, les énergies renouvelables, la construction durable sont parmi les secteurs où la croissance verte va générer le plus d’emplois à long terme.

Suffisant pour Madeleine Diouf Sarr d’affirmer que l’intégration opérationnelle des enjeux et pratiques de l’adaptation  et de l’atténuation aux changements climatiques dans les stratégies et les programmes de l’école sénégalaise est un défi majeur qui offre, des opportunités déterminantes pour la formation et l’emploi des jeunes et pour une transition juste, résiliente et créatrice de richesse. Il s’agira, dans le cadre de cette stratégie, de renforcer les compétences des acteurs et de promouvoir ces compétences comme opportunités durables d’un développement sobre en carbone et résilient face au changement climatique.

L’experte sénégalaise qui a rassuré sur la disponibilité du département de l’environnement à accompagner le secteur de l’éducation pour une meilleure prise en compte de la question climatique vers la transition juste a fait valoir que cet atelier marque l’aboutissement d’un processus de collaboration multi-sectorielle, à l’image de la dimension changement climatique. Elle a également saisi l’occasion pour témoigner la gratitude du ministre de l’Environnement et du Développement durable à l’endroit de l’Agence française de développement (AFD) pour l’appui financier, à travers la facilité Adapt’Action.

S’exprimant sur ce projet, Géraldine Tardivel, coordinatrice régionale pour le Sahel du programme Adapt’Action de l’AFD a d’emblée fait part de sa fierté d’accompagner le Sénégal à co-construire cette stratégie.   

« Cela  fait plus d’un an que l’Agence française de développement travaille en étroite collaboration avec les experts Sénégalais afin que cette stratégie soit déclinée au niveau opérationnel avec un plan d’action pour qu’il puisse mettre en œuvre des activités permettant d’intégrer l’adaptation au changement climatique dans tout le continuum éducatif du Sénégal », a souligné Mme Tardivel félicitant l’Etat du Sénégal notamment le ministère de l’Environnement et les ministères sectoriels d’avoir eu cette vision de long terme.

A l’en croire, l’éducation est un sujet majeur mais également la formation professionnelle pour qu’en fait, les citoyens Sénégalais aient accès à des emplois justes qui permettent une croissance juste et une croissance verte. A ses yeux, le changement climatique peut aussi permettre d’accéder à des emplois nouveaux. Pour se faire, elle souligne qu’il faut une éducation qui soit adaptée pour prendre en compte ces nouveaux emplois et ces nouvelles filières.

« Nous avons pris en compte la dimension du genre pour permettre aux femmes d’avoir accès à de nouveaux métiers, de nouvelles filières de formation afin qu’il y ait une équité homme – femme. Ce qui est aussi intéressant, c’est que cette stratégie est construite sur la base des opportunités dans les différents territoires du Sénégal. Quand on est en Casamance où dans la région de Matam par exemple, l’impact du changement climatique est différent et donc il faut s’adapter différemment. Cela veut dire que tous les catégories d’acteurs : les agriculteurs, les éleveurs, les pêcheurs, les entrepreneurs… doivent s’adapter dans leur territoire », a conclu Géraldine Tardivel.

Pour sa part, le Pr Mbaye Sène, coordonnateur de l’unité de suivi et de coordination des projets au ministère de l’Emploi, de la Formation professionnelle, de l’Apprentissage et de l’Insertion a expliqué que le système éducatif est une cible de masse. C’est pourquoi il est judicieux d’outiller  les élèves et les étudiants qui seront les futurs dirigeants. « Il faut, dès à présent, leur faire savoir qu’il faut respecter l’environnement, les conscientiser sur la prise en charge de l’aspect climat », a-t-il dit.

Selon lui, si on regarde ce que l’on vit dans le monde avec le réchauffement climatique, le développement de l’économie verte, le respect de l’environnement, solution ne pouvait pas être meilleure que de commencer par le système éducatif. C’est dans ce sens que le ministère de l’Environnement et les ministères sectoriels sont impliqués à fond et ont toujours montré leur engagement à contribuer à la refonte des différents curricula pour l’intégration de l’aspect climat dans notre système éducatif.

Moctar FICOU / VivAfrik