L’énergie renouvelable, lueur d’espoir dans la lutte contre les GES

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L’accès aux énergies renouvelables est une opportunité de subsistance pour les ménages. Ainsi, le progrès fulgurant des énergies solaire et éolienne permet de rêver à un avenir pas si lointain où 100 % de l’électricité que nous consommerons sera renouvelable.

Ximena Sampson, auteur au site d’information ici.radio-canada.ca, souligne que le coût de production de l’énergie renouvelable a connu une forte baisse au cours des dernières années. Selon les données de l’Agence internationale de l’énergie renouvelable (IRENA), elle est aujourd’hui moins coûteuse que les énergies fossiles.

Il revient moins cher, en moyenne, de mettre en service de nouvelles installations d’énergie solaire photovoltaïque et éolienne que de maintenir en exploitation de nombreuses centrales au charbon. Cela s’explique par l’amélioration des technologies, les économies d’échelle, la compétitivité des chaînes d’approvisionnement et l’expérience croissante des développeurs, relève Ximena Sampson qui cite l’IRENA.

La plus forte baisse des coûts a été enregistrée par l’électricité solaire photovoltaïque, suivie par les centrales solaires thermiques à concentration (CSP), l’éolien terrestre et l’éolien en mer.

« Le prix des renouvelables, notamment en production d’électricité, a diminué de façon spectaculaire au cours de la dernière décennie », remarque Hugo Séguin, fellow au Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CERIUM) et conseiller principal à Copticom.

« Ça déclasse les fossiles que ça voulait remplacer, même sans subvention. Il y a une fracture, une cassure dans le marché », poursuit Hugo Séguin.

À mesure que les prix baissent, la production augmente. Au cours des dix dernières années, la production mondiale d’énergie renouvelable a ainsi plus que doublé, a indiqué M. Sampson dans les colonnes de ici.radio-canada.ca.

L’augmentation a été fulgurante dans le solaire, dont la capacité a presque été multipliée par dix, mais l’éolien aussi a connu une forte croissance.

« Les progrès dans le secteur de l’électricité ont été considérables, observe Duncan Gibb, analyste à l’organisation internationale REN21. Il y a également de plus en plus de pays qui s’y mettent et pas seulement les gros joueurs, comme la Chine ».

Même si cette proportion est en augmentation constante, l’électricité renouvelable ne représente encore que le tiers de la capacité électrique mondiale.

De plus, l’électricité ne représente qu’une petite partie de la consommation d’énergie globale (17 %). Les transports (32 %) et l’énergie thermique (51 %) pèsent bien plus lourd dans la balance énergétique et dans les émissions de gaz à effet de serre (GES), souligne Ximena Sampson.

« Si nous pouvions, d’un coup de baguette magique, faire en sorte que toute notre électricité provienne d’énergies renouvelables, nous brûlerions encore beaucoup de combustibles fossiles pour le chauffage, que ce soit dans les chaudières à gaz ou au mazout, pour la climatisation et pour le transport, explique Duncan Gibb. Résoudre le problème de production d’électricité ne suffit pas ».

« La production d’électricité, c’est un morceau, mais il y en a d’autres, ajoute Hugo Séguin. Il y a des millions de sources d’émission de GES. Alors, il n’y a pas une seule façon de se débarrasser de ces émissions. Il faut déployer plusieurs stratégies ».

Une demande croissante

Malgré l’essor de l’énergie renouvelable, les énergies fossiles demeurent attrayantes. Des centaines de nouvelles centrales au charbon sont en construction en Asie, dont 238 en Chine, selon les données de l’ONG américaine Global Energy Monitor.

« Les Chinois construisent tout ce qu’ils peuvent, note Bradford Griffin, directeur du Canadian Energy and Emissions Data Centre, à l’Université Simon Fraser, à Vancouver. Ils construisent des centrales au charbon, des centrales au gaz naturel, de grandes centrales hydroélectriques, et ce sont les plus grands nouveaux vendeurs d’éolien et de solaire au monde. Ils se développent tellement qu’ils font tout, en fait », lit-on dans le site d’information ici.radio-canada.ca.

La croissance de la population mondiale entraîne une augmentation de la demande en énergie, observe Hugo Séguin. « Il y a de plus en plus de personnes qui accèdent à des niveaux de consommation auxquels ils n’avaient pas accès auparavant », observe-t-il.

« Non seulement les renouvelables doivent répondre à cette demande croissante, mais, en plus, il faut qu’ils se substituent à la production fossile. C’est un énorme éléphant à manger », note Hugo Séguin, fellow au CERIUM et conseiller principal à Copticom.

Le média en ligne note qu’outre les centrales au charbon en construction, des dizaines d’autres sont encore en exploitation un peu partout sur la planète. Si le Canada s’est engagé à démanteler ses centrales au charbon d’ici 2030, tous les pays n’ont pas de telles cibles, et encore moins ceux qui sont en développement.

« Nous essayons d’encourager ces pays à sauter la voie traditionnelle du développement et à ne pas investir dans les ressources traditionnelles, mais à passer plutôt directement aux ressources vertes », souligne Duncan Gibb.

« Nous travaillons à réfuter l’idée que, pour se développer du point de vue économique et social, il faut investir dans les combustibles fossiles », relève Duncan Gibb, analyste à l’organisation internationale REN21.

En ce qui concerne la décarbonisation, l’argent est le nerf de la guerre, estime M. Gibb. Des organisations internationales comme la Banque mondiale viennent en aide aux pays moins riches pour les appuyer dans la transition, mais les pays industrialisés devraient faire leur part aussi, croit-il.

« Lorsqu’on augmente la capacité électrique, on peut mettre en place de nouvelles énergies renouvelables. Mais démanteler une centrale à combustible fossile avant la fin de sa durée de vie, avant qu’elle ait généré suffisamment de bénéfices pour les actionnaires, cela peut être assez coûteux », affirme Bradford Griffin.

C’est pourquoi encore 80 % de l’énergie que nous consommons provient de combustibles fossiles, une situation qui n’a guère changé au cours de la dernière décennie, malgré le développement de l’électricité renouvelable, analyse M. Sampson.

Un développement spécifique à chacun

Comment faire la transition ? Il n’y a pas de recette générique qui peut s’appliquer à tout le monde, croit Duncan Gibb, dans la mesure où cela dépend des ressources et des infrastructures dont chaque pays dispose. Certains s’orienteront vers l’énergie solaire, tandis que d’autres miseront plutôt sur l’hydroélectricité ou l’éolien.

De l’avis de Ximena Sampson, les États-Unis viennent justement de s’engager à produire 45 % de leur électricité à partir de l’énergie solaire en 2050, alors qu’elle n’en représente actuellement que 4 %.

Se fixer de tels objectifs, est-ce la chose à faire ? Absolument, pense Hugo Séguin. « C’est indispensable, affirme-t-il. On s’en va dans une transition où on veut décarboniser à 100 % le système de production d’électricité, alors il faut se donner des cibles ».

« Peu importe que pour certains ce soit 30 % de solaire, 40 % d’éolien, 10 % de géothermie, etc. Le pourcentage lui-même n’est pas important. Ce qui compte, c’est qu’au final, il n’y ait plus de carburants fossiles dans la production d’électricité. C’est ça, l’objectif ».

Moctar FICOU / VivAfrik

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